Abi 29 - un tremplin pour le retour à l’emploi


abi 29 artDepuis sa création en 1997, l’association d’insertion Abi 29 a accueilli près de 700 personnes privées d’emploi. Dans l’atelier de revalorisation de textiles de Lannugat, 16 salariés en CDD de six mois font tourner quotidiennement cette petite entreprise et bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour le retour à l’emploi.


Une mission d’insertion

Les 400 conteneurs disséminés aux quatre coins du Finistère sont aisément identifiables et Sylvie L’Helguen, la directrice d’Abi 29 s’en félicite. « Ils sont habillés aux couleurs de l’association et nous permettent de collecter les dons de vêtements, vendus ensuite dans les boutiques Inservet 29. Mais l’important pour nous, insiste aussitôt la responsable, est d’expliquer qu’il y a une mission d’insertion socioprofessionnelle, derrière cette activité de collecte, de tri et de revalorisation de textiles. »

À Lannugat, l’atelier de tri de l’association accueille 80 % de bénéficiaires du RSA. « Nous sommes conventionnés avec l’État et cette proportion de bénéficiaires du RSA est obligatoire pour nous », précise la directrice.

« Chaque salarié est en contrat emploi insertion (CEI), et travaille dans des conditions très proches de celles d’un poste en entreprise. »

Un juste équilibre
À raison de vingt-six heures par semaine, et pour une durée de six mois, renouvelables une fois, les 16 salariés bénéficient d’horaires ajustés pour permettre la vie familiale, éviter les problèmes ou les frais supplémentaires de garde d’enfants.

« L’idée, souligne Sylvie L’Helguen, est de trouver un juste équilibre. » Un équilibre que les permanents d’Abi 29 s’emploient à restaurer patiemment. « Nous essayons de régler également les problèmes de logement, santé, obtention de couverture maladie universelle (CMU), mobilité, etc. La remise à niveau des savoirs de base, en maths et en français, permet également d’améliorer le quotidien et favorise l’entrée en formation. »

Un accompagnement
Au-delà de son activité textile, Abi 29 aide ses salariés à retrouver une autonomie mise à mal par le chômage : « Certaines démarches se font sur le temps de travail et d’autres sur le temps libre : techniques de recherche d’emploi, préparation à l’entretien d’embauche ou découverte d’un métier », égrène à ce sujet Fabienne Guillou, coordinatrice de l’association. « Mais nous ne sommes pas des magiciens. Il faut que chacun reste acteur de son projet. »

Près de 55 % de réussite
« L’idée est que les personnes soient plus fortes à la sortie. Nous essayons de valoriser chaque avancée et, s’il y a un échec, de l’analyser pour que la personne puisse rebondir et se sente accompagnée. » Une méthode qui semble porter ses fruits. « Près de 55 % des gens passés par Abi 29 trouvent à la sortie un contrat de plus de six mois, un CDI, ou une entrée en formation », concluent les deux responsables.

Témoignage de Nicolas*
« Je suis là depuis presque un an. Je termine mon deuxième contrat de six mois en février prochain. J'ai 35 ans, avec un niveau BEP comptabilité et aussi un CAP de carreleur. J'ai travaillé en intérim à Paris et en Bretagne, dans le bâtiment, avant de revenir à mes racines brestoises. Je souhaite passer mon permis, car j’aurai moins de barrières pour trouver du travail. Pour trier et conditionner les vêtements, il faut être minutieux. À force, on s'implique. Tous les jours, nous changeons de poste : craquage des sacs, tri, conditionnement... J'essaie de prendre les plus que mon passage ici m'apporte. »

* Le prénom a été changé à la demande de l'intéressé.