Des parcours d’insertion pour sortir de l’exclusion

 

À Douarnenez, la Mission locale, les associations Kan Ar Mor et Actions Services ont pour objectif d’aider à l’insertion de leurs publics respectifs : jeunes en recherche d’un premier emploi, personnes en situation de handicap, adultes exclus du monde du travail. Revue de détail.

blanchisserie Kan Ar Mor

La Mission locale

À la Mission locale, tout commence par une réunion de groupe avec Gilles Vial, coordinateur.

« Durant quatre jours, nous accueillons un groupe de 10 à 15 jeunes de moins de 26 ans pour une phase d’auto-diagnostic. Le but est de les amener à une meilleure connaissance d’eux-mêmes et de leurs atouts. Une étape indispensable avant toute orientation. »

Un référent
« Cette première réunion a pour but d’indiquer aux participants qu’ils ne sont pas sans ressource face à leurs soucis d’insertion, indique de son côté Laëtitia Gourvès, responsable de la Mission locale. Chaque jeune qui pousse la porte de notre bureau pourra rencontrer en entretien individuel un référent unique, qui prendra en compte sa demande propre. Nous construisons avec lui la méthodologie des étapes de son parcours. »

Tous les mardis, un collectif de chercheurs d’emploi est suivi par une conseillère qui a une mission de médiateur entre le jeune et les différents partenaires. Pour l’accompagner à la candidature, à la formation si nécessaire, et aller vers l’emploi.

Des partenariats
Un accompagnement d’autant plus pertinent que la Mission locale a noué des partenariats avec Actions Services, Kan Ar Mor, mais aussi la Maison de l’enfance ou Douarnenez Habitat. Toutes des institutions qui ont en commun ce même souci de lutte contre l’exclusion. « Dans le passé, nous avions fait le constat qu’il manquait des logements adaptés à la jeunesse, type studio, rappelle la responsable. Depuis, huit logements ont été aménagés à cette fin dans les anciens locaux de l’ANPE. »

Actions services 1

Actions Services

À Actions Services, l’accompagnement est abordé avec des méthodes proches de celle de la Mission locale.

Redonner confiance
« Nous sommes une association intermédiaire d’insertion par l’activité économique. Les gens que l’on reçoit ici sont des personnes adultes, éloignées de l’emploi et allocataires des minimas sociaux. Notre mission, confie Jean-Luc Peuziat, le président, est de les rassurer, de leur permettre de retrouver confiance en elles et une certaine employabilité (capacité d’évoluer de façon autonome à l’intérieur du marché du travail. NDLR), pour des périodes qui ne peuvent excéder 24 ou 36 mois. »

Actions services 2

Des CDD en entreprise
Les missions proposées concernent des petits travaux de jardinage, de ménage ou de rénovation chez les particuliers, mais peuvent aussi prendre une nouvelle dimension auprès de gros donneurs d’ordres.

« Nous avons un partenariat avec Cummins, une société quimpéroise de fabrication de fi ltres à air, soucieuse d’insertion sociale, expose pour sa part Jean-Louis Dauga, le trésorier. Ce qui nous a permis de positionner plusieurs personnes en évaluation en milieu du travail, et d’autres en CDD. »

Une opportunité parfois semée d’embûches, comme le manque de mobilité. « Aller embaucher à Quimper à 5 ou 6 heures du matin, quand on est dépourvu de moyen de locomotion autre qu’un scooter prêté pour l’occasion, n’est pas facile. Notre directeur, Stéphane Martinez-Ambroa, a fait une demande en préfecture, et au bout du compte, outre le scooter, nous avons aussi trouvé à cette personne un logement à Quimper. »

De belles réussites
« Les gens viennent chez nous pour travailler. Pas pour se mettre à l’abri, conclut Jean-Luc Peuziat. Nous avons eu de belles réussites. Quelques-uns sont devenus chauffeurs chez Abi 29 (association de collecte et
de recyclage de textiles. NDLR), avec laquelle nous avons signé une convention en décembre dernier. Il y a un réseau, un chaînage avec d’autres associations, comme Cap Solidarité pour l’enlèvement de meubles chez des particuliers. Ça permet un parcours lorsqu’ils sortent d’ici. »

Kan Ar Mor

Kan Ar Mor

Kan Ar Mor fêtera son 50e anniversaire le 16 juin prochain à la salle Jules-Verne. Depuis un demi-siècle, cette institution n’a eu de cesse d’améliorer le sort et la place des personnes en situation de handicap, avec un goût prononcé pour l’innovation sociale. Ce qui n’a pas toujours été sans mal.

Innovation sociale
« Dans les années 70, raconte Erick Schwartz, le directeur général, la première chose a été de faire intervenir les personnes handicapées et leurs moniteurs d’ateliers, dans une entreprise installée à Bréhuel pour une activité de lavage de coquilles saint-jacques. Ça ne s’est pas très bien passé. Non pas à cause de l’entreprise elle-même, mais de certains salariés qui ne supportaient pas la proximité de personnes différentes d’eux. »

Insertion à l’envers
Depuis, au travers de ses 29 sites du Finistère Sud, Kan Ar Mor, promeut une intégration en douceur. Comme à Ergué-Armel, avec le foyer construit dans le quartier de Ty Bos. « Une fête des riverains a été organisée et une sorte d’insertion à l’envers s’est opérée. Ce qui a permis de désamorcer les appréhensions et de mettre en relation les résidents du foyer et leurs voisins. »

Des places en crèche
À Quimper, Kan Ar Mor a noué une convention avec les crèches municipales pour réserver des places et aider à l’accueil des jeunes enfants de travailleurs handicapés. « C’est toute une démarche de médiation entre parents et professionnels de la crèche. Et qui, là aussi, a pour but de favoriser l’insertion sociale de ces parents. »

Selon Erick Schwartz, bientôt retraité, dans son éditorial de la revue Trait d’union : « L’association s’appuie sur ses valeurs d’origine : son âme militante, sa conception humaniste, sa volonté de progression, la simplicité des rapports humains. »