Une ville tournée vers la pêche
Les nouvelles techniques, de nouveaux lieux de capture, ont multiplié les apports : jusqu'à 21 000 tonnes en 1981, mais la réduction des flottilles a réduit aujourd'hui des deux tiers les quantités débarquées. Au début du XXe siècle, Douarnenez compte 5 000 pêcheurs. Cent ans après, il en reste 200 embarqués? Pourtant les conserveries tournent à plein rendement avec du poisson importé. Leurs marques ont fait le tour du monde : " Petit Navire " (Paulet), " Connétable " (Chancerelle), " Arok " (Gourlaouen).
Faits et légendes
Les soubresauts du temps, depuis les bifaces du Moustérien, taillés à Kervouster, jusqu'aux haches polies de Kerfinidan, suivent la trace de la maîtrise de l'environnement.
L'allée couverte de Lesconil en Poullan, témoigne du passage d'un monde oublié. Les éperons barrés de Castel Coz et Castel Meur évoquent l'insécurité des temps préhistoriques.
De l'antique cité des Leones, qui figure sur la carte du grand géographe arabe Idrisi (1100-1186), il reste, aux Plomarc'h, les vestiges de la fabrique gallo-romaine de garum, condiment épicé de poisson.
De l'étrange Ville d'Ys, nous est parvenue la légende d'une cité engloutie sous les flots par quelque malédiction diabolique.
Plus près de nous, un preux chevalier de la Table Ronde donne son nom à l'île proche du rivage : c'est là, dit la légende locale, qu'il meurt d'amour pour Yseult la Blonde. L'Île Tristan, à l'amour consacré, allait pourtant abriter un affreux brigand des Guerres de la Ligue, roué en place de Grève à Paris : Guy Eder de La Fontenelle (1575-1602). L'Île reste à l'origine du toponyme qui désigne le bourg de pêcheurs : il va devenir Douar an Enez, ce Douarnenez actuel qui, en Breton, signifie Terre de l'Île.
Un passé tumultueux

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Les Douarnenistes aiment leur réputation de turbulence et d'audace téméraire, qu'ils fondent sur leur histoire.
A la croisade, avec le baron du Juch à Damiette, en 1249, ils chassent pourtant en 1640, le prédicateur Michel Le Nobletz. Bonnets Rouges révoltés en 1675, ils sont sans-culottes en 1792, à la prise des Tuileries avec le sergent Antoine Laplanche et le fusilier François Tutor. Jean-Marie Le Bris (1817-1872) et Eugène Béléguic (1809-1878) y sont précurseurs de l'aviation.
Pionniers d'un autre genre, les Douarnenistes élisent, en 1921, le premier maire communiste de France, Sébastien Velly (1878-1924), puis en 1925, contre la loi, une femme, Joséphine Pencalet (1886-1972), héroïne de la grève des sardinières de 1924.
Dès le 18 juin 1940, ils sont les premiers à rejoindre le Général De Gaulle, sur des bateaux de bois, qui trouveront leur place, bien plus tard, dans un Musée à flot inauguré en 1992, au Port-Rhu, à la suite des fêtes du Patrimoine Maritime lancées par la revue " Chasse Marée ".
Et depuis 1978, la ville accueille un festival cinématographique voué aux minorités du monde entier.
Douarnenez attire marins, chercheurs, peintres, poètes, qui, tel George Perros (1923-1978) s'attachent à la magie des lieux et au parler local sonore et savoureux, au breton du terroir. Les Douarnenistes ont aussi conservé une part de leur âme festive, que rappelle chaque année la folle ambiance du Mardi-Gras. Et leur devise reste : " Dalc'h Mad ! ", Tiens Bon !