Les conserveries : savoir-faire "Made in Douarnenez"

 

Au cœur de Douarnenez… Chancerelle : la plus ancienne conserverie de sardines encore en activité

Seule conserverie de sardines encore en activité à Douarnenez, Wenceslas Chancerelle fêtera bientôt ses 160 années d’existence. Les clés de sa longévité : son savoir-faire transmis de génération en génération, l’alliance entre tradition et modernité, et la volonté de rester indépendante.

Aujourd’hui, grâce à une large gamme de produits commercialisée sous la marque Connétable, la conserverie se place au 3e rang des entreprises françaises du secteur de la conserve de poissons et reste une entreprise familiale.

  • Une véritable histoire de famille

Six générations de Chancerelle se succèdent à la tête de l’entreprise familiale, chacune ayant à relever de nouveaux défis : pénuries de sardines, crise des années 1930… A partir de 1949, Robert se bat comme un diable pour développer la marque Connétable. De 1988 à 2006, son fils Eric Chancerelle et ses deux beau-frères, Edouard Paulet et Antoine Peigné œuvrent avec la même détermination : maintenir le savoir-faire traditionnel et investir dans des innovations techniques performantes afin de traverser le temps. En 2009, pour la première fois de son histoire, la direction générale de la société est assurée par une personne extérieure à la famille, Jean-François Hug.

  • Un développement permanent

Le site de production d’origine se situe toujours au sein même de la ville, près du port. Mais dans les années 1990, l’accroissement des ventes est tel qu’il oblige la conserverie à se développer.

En 1996, les activités de conditionnement, de stockage et d’expédition sont donc transférées dans une nouvelle unité de 5 500m2, zone industrielle de Lannugat. Un an plus tard, une nouvelle usine voit le jour sur le même site.

En 2003, l’entreprise investit dans la construction de nouveaux bureaux, d’une vaste chambre froide et étend ses entrepôts de 4 000 m2.

  • Ce qui fait la différence ? Les doigts de fées des ouvrières

Aujourd’hui encore, la préparation du poisson est un travail exclusivement féminin. Les équipements ont évolué, ils sont en grande partie automatisés, mais le savoir-faire des femmes, transmis de génération en génération, reste irremplaçable.

Et si les sardines Connétable sont si réputées, c’est parce qu’elles sont préparées à l’ancienne. Parées à la main par les femmes aux gestes sûrs, les sardines sont rapidement frites avant d’être emboîtées avec le plus grand soin. Un procédé manuel de plus en plus rare et gage de qualité.

  • Qualité et innovation

Faire évoluer les process et les outils de fabrication, toujours privilégier la qualité, élaborer de nouvelles recettes afin de dynamiser le marché… Le laboratoire de Recherche et développement, créé il y a cinq ans, est une des pierres angulaires du développement de la conserverie. Chaque année, le service R&D planche sur une cinquantaine de recettes. De l’idée à la production industrielle, seules cinq à six recettes passent le filtre des tests.

  • Une histoire qui s’écrit à trois

Pour les 150 ans de l’entreprise et en hommage aux femmes dont le rôle a été déterminant pour les conserveries, la pêche et la commune, les dirigeants de W. Chancerelle ont offert à la ville une statue de bronze et de granit. Cette sirène unique, face aux flots, représente une femme, côté mer et une sardine, côté ville. Aux grandes marées, elle a les pieds dans l’eau. Elle s’inscrit désormais dans le paysage douarneniste.

Quelques chiffres :

310 salariés dont 70 % de femmes.
10 200 tonnes de poisson travaillés par an. 40% de la pêche provient des côtes bretonnes.
Les sardines représentent 48% du chiffre d’affaires global, le thon 27%, les filets de maquereaux et les autres poissons constituent le reste du chiffre d’affaires.
Chiffre d’affaires : 82 millions d’euros en 2009
79 millions de boîtes produites par an.

 

 


 

Cobreco : qualité à tous les étages

Avec plus de 20 millions de boîtes par an, Cobreco est le premier fabricant de conserves de thon en France. Créée en 1986 à Douarnenez, la société Cobreco, Compagnie bretonne de la coquille St-Jacques, est le fruit du rapprochement des conserveries Jacq et Arok, nées respectivement en 1897 et 1937. Les deux dirigeants, Eugène Jacq et René Gourlaouen, mettent en place la nouvelle société et l'installent dans l'usine la plus  moderne d'Europe en 1989.

  • Des produits de qualité Made in France

Parmi les produits phares de la société : le thon. 5 000 à 5 500 tonnes de thon Albacore sont transformées chaque année sur le site de Lannugat. Cette variété de thon tropical arrive congelée dans l'unité de  production en provenance notamment des océans Indien et Atlantique. Cobreco travaille également le thon blanc (ou thon germon). Ce produit haut de gamme arrive frais dans les ateliers. Cobreco est une des rares conserveries à fabriquer encore son thon au naturel en France. Une spécificité entretenue par l'entreprise avec le lancement d'un nouveau packaging où la marque de fabrique"Made in France" est mise en avant.

  • Une profession largement féminisée

La société travaille et transforme également le saumon et les coquilles Saint-Jacques et commercialise des préparations à base de produits de la mer sous forme de rillettes, d'Aperitapas, de tartinables et emollusques. Tout au long de l'année, une centaine d'employés travaille à la transformation de produits de qualité. Pendant la saison, de mai à mi-juillet, les effectifs s'élèvent alors à 150 personnes. L'atelier de parage (nettoyage de poissons), véritable poumon de la production, est entièrement féminisé. Une tradition conservée depuis les débuts de l'histoire des conserveries.

  • Tradition et innovation

Découpage et parage des poissons sont toujours effectués à la main et de manière traditionnelle. Le personnel de Cobreco est expérimenté et majoritairement présent dans l'entreprise depuis de nombreuses années. En 1994, la société innove et dépose un brevet pour une "machine-maison" permettant de couper les tranches de thon qui seront ensuite mises enconserve. Par sa technique de découpe, cette machine respecte, la  présentation de la tranche dans la boîte. Aujourd'hui, cinq machines à trancher contribuent à la production.

  • Une entreprise attachée à son terroir

Afin d'assurer la meilleure qualité à ses produits tout en maintenant des prix extrêmement compétitifs, Cobreco maîtrise toutes les étapes de production, de la pêche à la mise en boîte. Elle sélectionne des thons  Albacore de 20 à 40 kg pêchés dans les eaux tropicales, particulièrement appréciés pour leur chair savoureuse et tendre. Quant au site de production de Douarnenez, il dispose des outils les plus performants (découpe traditionnelle, double parage, stérilisation rotative, certification ISO 9001/version 2000, certification IFS 5 niveau supérieur, traçabilité complète des produits). Membre de"Produit en Bretagne",Cobreco est attachée à son territoire. Le débarquement d'un cargo contenant du thon Albacore congelé début février sur les quais du port du Rosmeur à Douarnenez en est un exemple.

 

 


 

Franpac : un savoir-faire au service de la conserve

En 1912, la famille Chancerelle crée à Tréboul, à proximité de la gare, la société métallurgique de Douarnenez pour fabriquer ses boîtes de conserves. En 1983, la société, devenue l'entreprise rebaptisée Franpac entre dans le groupe Massilly. Groupe familial, spécialisé dans l'emballage métallique et né en 1911 dans un village de Saône et Loire, Massilly est aujourd'hui dirigé par un membre de la famille fondatrice, Patrick  Binschedler.

  • Un site de 28 000 m2

Aujourd'hui, installé route de Kervéoc, le site de 28 000 m2 de Franpac produit 250 millions de boîtes de conserve (soudées ou embouties) par an et 600 millions de couvercles à ouverture facile. Aux produits d'origine, exclusivement dédiés au poisson, sont venues s'ajouter les boîtes pour pâtés, plats cuisinés et légumes.

  • Installation d'une ligne de cisaillage

Jusqu'à peu, la société Franpac reçevait ses matières premières sous forme de feuilles découpées d'environ un mètre carré. Afin d'être totalement autonome, elle a décidé d'investir dans une ligne de cisaillage. La  Franpac reçoit désormais sa matière première sous forme de bobine (environ 10 tonnes). Avec l'investissement dans une ligne de cisaillage, l'entreprise maîtrise sa chaîne de production de A à Z. N'étant plus tributaire d'un prestataire, Franpac contrôle sa production de l'arrivée de la matière première à la sortie du produit fini.

  • De la feuille de métal à la boîte de conserve

La matière première sort des magasins sous forme de feuilles. Celles-ci sont ensuite, selon leurs utilisations, vernies et imprimées. L'impression nécessite en amont l'utilisation d'une technique que l'on nomme  l'anamorphose. Les images qui apparaissent sur les boîtes des différents produits sont imprimées sur une feuille encore plane. Ce travail d'anamorphose, qui nécessite un certain nombre de calculs mathématiques, s'effectue dans le studio de photogravure. C'est donc un dessin anamorphosé qui doit y être imprimé. Le dessin apparaissant déformé sera "remis en forme" après son découpage par l'action suivant celles de  l'emboutissage ou du pliage et soudage. Les boîtes sont enfin prêtes et peuvent être mises en palette, stockées et expédiées.

  • Le couvercle à ouverture facile

 Depuis quelques années, Franpac est le seul fabricant de couvercle à ouverture facile pour l'ensemble du groupe Massilly. Certains clients de l'entreprise n'achètent que les couvercles ici et se fournissent pour les boîtes de conserves à proximité de leur lieu d'activité. Les couvercles sont contrôlés unitairement par des caméras en ligne, afin de traquer les moindres défauts. Une légère incision est faite en bordure du couvercle pour permettre l'ouverture, opération qui nécessite des équipements de grande précision. Pourl'anneau, on ne procède à aucune perforation. Le couvercle est déformé au niveau de l'endroit qui va recevoir l'anneau. C'est ensuite le rivetage qui permet à l'anneau de tenir.

  • L'agro-alimentaire, un secteur exigeant en matière de contrôle qualité

Fabriquer des boîtes et des couvercles qui vont contenir des produits alimentaires nécessite une très forte exigence en ce qui concerne le contrôle qualité. La moindre anomalie dans la boîte ou son couvercle présente un risque sanitaire. Chaque opération effectuée dans l'usine est suivie à la trace. Des contrôles réguliers sont effectués sur les outils, directement sur les lignes de production.

Quelques chiffres :

Chiffre d'affaires : 50 millions d'euros
Personnel : 243 salariés
Production : 600 millions de couvercles par an et 250 millions de boîtes par an
Matières premières : 15 000 tonnes d'acier et 1 500 tonnes d'aluminium
Investissements : 8% par an
Le groupe MASSILLY est 1er en France pour les Capsules twist off en acier et 3ème en Europe.
Pour les Boites de conserves alimentaires et les fonds à ouverture facile, le groupe est 3ème en France et 4ème en Europe.