Le devenir de la plage du ris

 

plage du ris dossier

Cette année, la décision de fermer à la baignade la plage du Ris a été prise par le préfet, en raison de la qualité sanitaire des eaux jugée insuffisante par l’Agence régionale de santé (ARS). De quelle pollution parle-t-on et quelles en sont les sources ? Qui sont les acteurs et quel est leur rôle ? Quel est l’avenir de la plage du Ris ? Autant de questions abordées dans ce dossier.

Paysage emblématique de Douarnenez, la plage du Ris constitue une entrée de ville remarquable. Des Plomarc’h aux falaises hérissées de pins, elle déroule son sable sur 850m au gré des marées laissant libre cours aux activités de bord de mer.

Un écrin fragile
Si la plage du Ris reste la plage idéale pour beaucoup de Douarnenistes et d’estivants, elle est aussi victime de la topographie des lieux qui la rend vulnérable à la pollution. Nichée en fond de baie, ses eaux sont faiblement brassées. Elle se situe en contrebas d’un bassin versant de 3 600 hectares, essentiellement agricoles. Le Névet, l’affluent le plus important de ce bassin versant, se déverse à proximité immédiate de la zone de baignade.

La plage est exposée à une pollution bactériologique (escherichia coli et entérocoques fécaux), d’origine majoritairement bovine et secondairement humaine. Les résultats d’analyses bactériologiques révèlent également l’impact en moindres proportions des déjections de chiens et d’oiseaux marins dans les eaux de baignade.

Retrouvez ci-dessous le dossier complet en consultation en ligne, ainsi qu'en téléchargement.

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A voir également, la foire aux questions avec les réponses à vos interrogations.

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3 QUESTIONS À Henri Caradec, adjoint à l’environnement - président de l’EPAB 

Puisque les sources de pollutions sont connues, pourquoi n’agissons-nous pas ?
Savoir que la pollution est d’origine bovine et humaine ne suffit pas. Il faut affiner les recherches et progresser par étapes. Faire des relevés et observer les évolutions sur un temps donné. Chaque action mène à une meilleure compréhension du phénomène de pollution et permet de savoir sur quelle parcelle ou exploitation agir et avec quels moyens techniques. Cela demande du temps.

Pourquoi les recherches prennent-elles autant de temps ?
Les sources potentielles de pollution sont multiples : assainissement, abreuvement des animaux directement au cours d’eau, stockage et épandage de lisier et de fumier, etc. Leur influence est variable dans l’espace et au fil des saisons. Elle est étroitement corrélée aux épisodes pluvieux car le bassin versant du Ris présente de fortes pentes. La conjugaison de ces différents éléments complique fortement la localisation des sources de pollution, qui dégradent les eaux de baignade de façon irrégulière et non permanente.

Vous dites attendre de l’État un soutien réglementaire et financier, de quoi s’agit-il ?
L’Agence de l’eau, la Région, le Département, Douarnenez Communauté, la Ville participent déjà au financement de programmes d’actions depuis plusieurs années. La poursuite et le renforcement de ces programmes, étendus à de nouvelles collectivités, nécessitent de débloquer des fonds que seul l’État peut actionner. L’argent, c’est le nerf de la guerre.

Par ailleurs l’État bénéficie d’un arsenal réglementaire qui peut venir en appui des objectifs fixés pour améliorer la qualité des eaux de baignade, en matière d’assainissement, par exemple.

Vous êtes optimiste pour l’avenir ?
L’amélioration se dessine doucement, mais sûrement. Nous menons une politique de petits pas, sur un territoire de 3 600 hectares ! Les prises de conscience s’éveillent dans les communes du bassinversant et chez tous les acteurs impliqués.

Nous devons fédérer nos efforts pour arriver à un résultat satisfaisant. Rien n’est gagné, mais il faut rester positifs et optimistes et faire confiance à la connaissance et à la science.