Et si je me mettais à... la sculpture ?

 

ateliers art sculptureSept disciplines sont enseignées aux Ateliers d’art municipaux, fréquentés par environ 200 élèves. Inspiré par la qualité de l’exposition de fin d’année et poussé par la curiosité, un reporter de la rédaction a testé pour vous la sculpture.

Mercredi, 16 heures, je m’aventure dans l’atelier sculpture du Centre des arts André Malraux. Autour de moi, chutes de bois, de papier, lino de gravure et oeuvres de grand format sont entreposés.

Le cours commence autour d’un café, pour amorcer les 3 heures que nous allons passer ensemble. L’occasion de faire connaissance avec mes condisciples : quatre femmes et un jeune homme, que j’interroge sur leurs parcours et motivations.

A chacun sa porte d’entrée
Agnès, Fred et Martine fréquentent l’atelier depuis plusieurs années et sont venues à la sculpture après un passé artistique professionnel ou récréatif. Axel, 15 ans, détonne par sa jeunesse. Lycéen de seconde, il participe déjà à l’atelier du film animé, et à celui de céramique. Venu ici « juste pour essayer », il met une nouvelle corde à son arc pour se perfectionner dans l’animation. Suis-je à ma place en totale néophyte ? Marielou me rassure : « Moi je n’ai aucun bagage technique, j’apporte ma naïveté. C’est une démarche personnelle, je dois me creuser les méninges. »

Tout en m’encourageant, le groupe me met au parfum. « En sculpture, il y a beaucoup d’allers-retours, de tâtonnements, de recherche technique. Tu peux être amené à manier le fer à souder, la résine. Si tu
rates, difficile de te rattraper, ça se voit et… c’est moche. Il faut avoir l’humilité de recommencer. »

L’aventure
En attendant, je ne sais toujours pas ce qui va sortir de mes mains. « C’est le chef qui choisit la thématique de l’année », annonce le professeur, Jean-Sylvain Roveri, également directeur des Ateliers d’art, qui
ne manque pas d’humour. « Cette année, c’est l’aventure, lâche-t-il malicieusement. Qu’est-ce que cela vous évoque ? » Une bouteille à la mer, une île, Robinson, Tintin, un lever de soleil… les idées fusent.
Pour ma part, je pense à un sac à dos.

« En sculpture, nous pouvons détourner les objets. Toutes sortes de matériaux peuvent être utilisés : béton cellulaire, papier, bois, carton, pâte à papier, grillage, plâtre, terre, etc. Ici, nous misons avant tout sur la récupération (copeaux de bois, papier, ou même algues), nous pratiquons l’économie circulaire ! ».

La maîtrise du geste
Pour nous lancer, Jean-Sylvain nous propose un exercice de gravure sur lino. « C’est un support pédagogique pour mettre les élèves en condition, tout en creusant leurs envies et leurs idées à travers la discussion, explique le professeur. C’est aussi un moyen pour moi d’évaluer les aptitudes techniques des nouvelles recrues, la maîtrise du geste. »

Alors que mon cutter fend le lino, une question me taraude : serai-je à la hauteur pour l’exposition de fin d’année ? « Cet événement fixe une deadline. Les élèves en retirent généralement une grande satisfaction car ils constatent qu’ils sont allés jusqu’au bout des choses et qu’ils ont produit un objet cohérent dans un ensemble. Les professeurs récoltent les fruits de leur exigence, ils ont amené les élèves à progresser, réfléchir, s’investir. C’est un événement important pour la dynamique de l’école ».

Pratique :
Cours de sculpture avec Jean-Sylain Roveri, le mercredi, de 16h à 19h et de 20h à 23h.

Les autres activités des Ateliers d’art :
Arts plastiques (dès 4 ans), céramique (dès 6 ans), film animé (à partir de 8 ans) et, pour les ados et adultes, dessin académique, peinture, estampe, céramique. Des cours d’histoire de l’art sont également ouverts à tous, et accessibles gratuitement à tout élève inscrit dans un atelier de pratiques artistiques.