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L’odyssée du Festival de Cinéma

 

affiche festival douarnenez 2017Du 18 au 26 août, le Festival de Cinéma a fêté ses 40 ans.

Au programme, en plus des projections, des concerts et des débats, des nouveautés vous ont été proposées pour cette édition spéciale.

Des projections en plein air, avec Cinécyclo, qui vous a fait pédaler pour donner au matériel sonore et vidéo l'énergie nécessaire à la projection du film.

Une autre projection fut prévue près de la MJC, cette fois sur écran gonflable.

A noter aussi, la déambulation nocturne en ville, appelée "Dz in Situ". Un beau parcours pour découvrir la ville animée par des cafés-concerts, des performances artistiques, sans oublier le ciné-fanfare pour clôturer la balade.

Enfin, en plus des salles de projection habituelles (Le Club et Le K), la salle des fêtes a offert son espace pour des projections de films !

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Il a fêté ses quarante éditions cette année et il n’a pas pris une ride !

Retour en images sur cette édition riche en évènements :

© Festival de Cinéma

Cet anniversaire du Festival de Cinéma de Douarnenez nous a donné l’occasion de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur, en compagnie de Yann Stéphant, son directeur.

Naissance du Festival

LF salle 2013 BDLe Festival de Cinéma est né en 1978, à une époque en pleine ébullition sociale et culturelle. La Bretagne se soulève contre un projet de centrale nucléaire à Plogoff, s’indigne contre la marée noire de l’Amoco Cadiz au large de Portsall et milite pour la promotion de son identité culturelle, derrière les figures du renouveau que sont Glenmor, Xavier Grall, Alan Stivell ou Gilles Servat.

Dans cette mouvance, un groupe de bénévoles et salariés de la MJC, cinéphiles et chantres de l’éducation populaire, organise des séances de ciné-club et des nuits de cinéma. Parmi eux notamment, Annaig Streiff, Andrea Corbel, Erwan Moalic, Yves Jardin, Marc Ruscart,... rejoints par Paul Guyard, directeur du cinéma Le Club à l’époque.

Ils s’intéressent à des cinématographies méconnues, alternatives, et aussi celle produite en Bretagne.

Leur militantisme, curieux d’autres cultures, les amène à construire des ponts entre Douarnenez et le monde. En proie à un réveil identitaire, le peuple québécois est le premier à être mis en lumière dans un Festival de Cinéma qui ne passe pas inaperçu.

« Les fondateurs cultivaient cette philosophie de mieux se connaître pour mieux aborder l’ailleurs, commente Yann Stéphant. Nous y sommes toujours fidèles. Chaque année le Festival réserve une place de choix à la production audiovisuelle bretonne à travers Le Grand Cru Bretagne. »

 Un Festival porte-voix

affiche fest cinema 1979 Nations IndiennesÀ la deuxième édition, le Festival prend une couleur particulière. Les Amérindiens étaient les oubliés du premier rendez-vous, ils sont les invités d’honneur du suivant. Les organisateurs dévoilent une production cinématographique autochtone et ouvrent un espace de parole inédit à ces peuples minoritaires au sein du continent nord-américain.

Les rencontres en salle se doublent de débats, les questions artistiques se mêlent aux questions politiques. Les Amérindiens se racontent et le public découvre qui ils sont, et ce qu’ils réclament. Dès lors, la question des droits fondamentaux devient la raison d’être du Festival qui se nomme « Festival de Cinéma des minorités nationales ».

Au fil des éditions, bien qu’il se déleste de cette appellation, il n’a de cesse d’aller cueillir des peuples muselés, ou inaudibles, et d’en être le porte-voix. Rares sont les régions du monde qu’il n’a pas défrichées. « Le cinéma est toujours la porte d’entrée, précise le directeur. Nous cherchons des peuples capables de produire leurs propres images, et non des regards posés sur eux. »

À partir de 2009, le Festival de Cinéma embrasse une acception plus sociale du terme de minorité. Le Monde des Sourds, puis en 2011 les LGBTQI, deviennent des invités permanents du Festival.

Artisan du dialogue

LF Debat18h BD« Pendant huit jours, il y a un brassage intéressant. Nous amenons les gens à se frotter, se confronter, échanger, sans aucun filtre entre les invités et le public. » Réalisateurs, metteurs en scène, mais aussi journalistes, professeurs, hommes politiques, artistes croisent leurs regards et multiplient les récits. Sous l’étendard du cinéma, la parole se libère, les barrières tombent, dans un microcosme où les interactions les plus improbables sont rendues possibles.

« En 1992, remémore Yann Stéphant, nous traitions de l’Irlande avec les divisions que connaissait la partie nord du pays. Le Festival a été le théâtre d’une rencontre secrète entre un représentant du Sinn Féin et John Hume, fondateur du SDLP (Social Democratic and Labour Party), futur Prix Nobel de la Paix en 1998. Le tout orchestré par les renseignements généraux, dans la plus grande confidentialité, car il était inconcevable qu’ils soient vus ensemble en public. »

Quarante éditions du Festival de Cinéma, c’est une histoire tellement dense d’anecdotes que Gérard Alle, vice-président du Festival, a décidé de les conter dans un ouvrage qui paraîtra l’année prochaine.

Bien plus que du cinéma

LF Fest Noz 2012 BD« En dehors du cinéma, il y a cette place donnée à la parole et à l’échange, et puis il y a la fête et la musique ! Cette convivialité n’a pas d’équivalent pour un festival de cinéma. » À la tombée de la nuit, après un repas partagé sur la grande place du festival au coeur de la ville, les musiciens, bretons et invités, font généreusement danser la foule et prolongent les moments de grâce.

 



LF Librairie 2013 BDUne librairie éphémère et des expositions d’arts en plusieurs lieux de la ville composent également le Festival de Cinéma. « La librairie éphémère est extraordinaire au sens propre du terme. Elle propose plus de 700-800 titres, sur tous les thèmes du Festival et dans tous les genres : fictions, essais, littérature jeunesse, romans graphiques, etc.»

C’est l’oeuvre d’une commission de huit à dix bénévoles, fous de littérature, qui s’imprègnent des thématiques, fouillent, cherchent, lisent et partagent.


Le gène de l’engagement

festival de cinema équipe

« Dans leur totalité, les dix-huit membres du conseil d’administration sont très investis. Ils ne se contentent pas de statuer, ils sont forces de proposition. Le choix des thèmes par exemple, décidé deux ans à l’avance, est toujours l’occasion d’un grand débat et c’est chouette. »

Le moment venu, un gros bataillon de bénévoles se mobilise à 100 % pendant 15 jours pleins. Il y a les membres de la première heure et ceux qui se sont joints à l’aventure. Parmi eux, certains jeunes fréquentaient petits le Festival avec leurs parents, puis ils y ont fait leur première expérience de bénévolat, avant de devenir des habitués et d’y emmener eux-mêmes leurs enfants. Actifs, étudiants, retraités, ils gravitent dans le bouillon associatif local et perpétuent une manifestation pas comme les autres, née à Douarnenez et vouée à y rester.