Dragage de l’anse de Pouldavid : un chantier sous haute surveillance

 

Débuté en janvier 2018, le dragage de l’anse de Pouldavid sera terminé début avril. Un chantier sensible sur le plan environnemental, qui intègre également une dimension paysagère.

ouvrier pouldavid

Depuis le pont de la voie verte, la vue plongeante sur le déroulement des opérations attire de nombreux promeneurs. Une barge est positionnée en amont de la rivière, un ponton 300 mètres à l’aval et une prame fait des allers-retours de l’un à l’autre pour suivre en temps réel l’influence du dragage sur le milieu aquatique. Sur la rive, côté centre-ville, un terre-plein en cours de réaménagement est surmonté de 4 énormes géotubes, perfusés par des tuyaux en provenance de la barge qui cure le fond de l’anse, à quelques mètres de la cale des chantiers Tanguy.

Pouldavid travaux

Le filtrage des sédiments

Le mélange injecté dans les géotubes est composé à 80 % d’eau et à 20 % de sédiments, raclés en profondeur par un bras articulé. « Nous y introduisons des floculants chimiques, afin d’agglomérer les sédiments et permettre leur fixation à l’intérieur des géotubes », précise le chef des opérations, de l’entreprise Marc SA. L’eau qui ressort des géotubes, filtrée de ses sédiments, retourne directement au milieu naturel. La matière solide et déshydratée reste encapsulée dans une membrane étanche à l’eau de mer et à l’eau de pluie.

filtre

Une surveillance continue

« C’est un chantier hautement contrôlé par la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer), précise David Dorman, directeur des services techniques de la Ville. Les sédiments que nous raclons, mélange de vase et de sable, contiennent des polluants qui proviennent en majeur partie des carénages « sauvages » effectués par le passé. Aujourd’hui, il est obligatoire de caréner sur une aire dédiée, au port de plaisance, où les matériaux sont récupérés ».

Turbidité de l’eau

Premier niveau de contrôle : la turbidité de l’eau, soit sa teneur en matériaux en suspension, lui donnant un aspect trouble. Tout au long du dragage, le taux de turbidité de l’eau est mesuré par une sonde fixée au ponton en aval de la rivière. Chaque quart d’heure, l’un des ouvriers va effectuer un relevé en prame, afin de vérifier que les seuils autorisés ne sont pas dépassés, auquel cas les opérations devraient être immédiatement ralenties ou suspendues.

ponton
De plus, par sécurité, le chantier est calé sur les horaires de marée montante, lorsque l’eau afflue vers le fond de l’anse, et sur un créneau maximum de 5h, « ce qui a des répercussions en matière de coût et de délais, souligne David Dorman ». Le but est d’éviter la possibilité de charriage de sédiments vers la mer, par la force du courant, lorsque la mer descend.

Analyses par prélèvements

Deuxième niveau de contrôle : les analyses bactériologiques de l’eau de surface, toutes les semaines, puis les analyses des eaux de rejet, tous les 15 jours. Sont mesurés les taux de PCB (cuivre, nickel, matières en suspension), HAP (hydrocarbures) et TBT (antifouling). Bien évidemment, si les résultats étaient au-dessus des seuils autorisés, le chantier serait aussitôt stoppé.

2 400m³ de vase retirés de l’anse

Au 1er mars, déjà 1 400m³ de vase ont été emprisonnés dans le premier lit de géotubes, gonflés comme les boudins d’un matelas. « Nous laissons décanter et sécher la matière une quinzaine de jours, puis nous comblerons les espaces entre les 4 tubes. Fin mars, nous commencerons à remplir une nouvelle couche de géotubes posée sur la première » énonce le chef de chantier. Au total, 2 400m³ de vase seront curetés dans l’anse de Pouldavid en 2018, pour un coût de 380 000 € HT. L’objectif étant de faciliter la navigabilité jusqu’au niveau des chantiers Tanguy et permettre aux grosses unités de faire demi-tour.

mur pouldavid
Une valorisation sur place

« Lors du montage du dossier, s’est posé le problème du traitement des sédiments, rappelle David Dorman. Si nous avions du les évacuer vers une site de traitement spécifique, nous aurions eu un coût supplémentaire de 600 à 700 000 euros. Nous avons fait le choix de les valoriser sur place, en réaménageant un terre-plein en zone de stockage pour le port de plaisance. Comme nous sommes dans la zone de future AVAP (Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine), nous avons dû soumettre notre projet à l’Architecte des Bâtiments de France. Le mur de béton qui soutenait le terre-plein sera recouvert d’un enrochement esthétique, amené à se végétaliser. Au final l’ouvrage sera mieux intégré au paysage qu’auparavant ».

Ci-dessous, le plan de talus en enrochement. Cliquez dessus pour l'agrandir.

Plan talus en enrochements