Ils entreprennent à Douarnenez

 

Chaque année, les Rotary Club de Cornouaille organisent le concours 1 euro, 1 projet, 1 emploi qui récompense les jeunes créateurs ou repreneurs d’entreprises de la région. 12 lauréats se sont partagés une enveloppe de 20 000 euros… dont 4 Douarnenistes ! Leurs projets ont en commun une forte portée écologique et un ancrage territorial revendiqué.

Des planches de surf en algues vertes : le pari fou de FL3D

FL3D

Sur la première marche du podium, l’entreprise FL3D, représentée par 2 jeunes entrepreneurs du pays : Thibaut Ficatier, 28 ans, dessinateur industriel, féru de voile de père en fils, et Jérémy Lucas, 32 ans, chargé de développement, surfeur et skateur à ses heures. Alliant leurs passions à leurs compétences, les deux amis d’enfance ont présenté un projet totalement novateur.

Une entreprise dans l’art numérique

Tout a commencé lors d’une session de surf à la plage du Ris… alors interdite à la baignade. Quelques maux bénins plus tard, une prise de conscience environnementale a poussé Thibaut et Jérémy à agir sur la problématique des algues vertes.

Le bureau d’études qu’ils ont créé il y a un an est spécialisé dans le design industriel pour les professionnels et l’impression 3D de projets sur mesure pour les particuliers.

Une filière de pointe qui trouve de multiples applications, dans l’industrie, le bâtiment, mais aussi dans la décoration intérieure, les objets courants, l’art numérique.

La technologie au service de l’environnement

L’idée est née de concevoir des planches de surf imprimées en 3D, à partir d’algues vertes d’échouage. « Nous concevrons uniquement la structure interne des planches et les ailerons, précise Jérémy. Les pains de mousse, habituellement fabriqués à partir de pétrole, seront remplacés par une nouvelle matière composée d’algues vertes d’échouage (à 50 % minimum) et
de filets de pêche également ramassés sur les plages. »

Les deux précurseurs comptent bien déposer un brevet pour la création de ce nouveau matériau biosourcé dans le milieu de l’impression 3D, car à l’heure actuelle, aucune entreprise ne les a devancés.

planche

Ancrage territorial

Concrètement, leur projet s’appuie sur un réseau de partenaires locaux : un labo de recherche universitaire équipé pour l’impression 3D en grand volume (56), une entreprise qui récupère et broie les filets de pêche échoués (29), une autre qui fabrique de la poudre d’algues vertes d’échouage (Centre-Bretagne).

Pour la stratification des planches de surf, Thibaut et Jérémy comptent faire appel à une entreprise spécialiste en matériaux composites (56), qui utilisera exclusivement de la fibre de lin et de la résine biosourcée.

« Tout est fait en Bretagne, même le recyclage ! », poursuit Jérémy. Car l’idée est aussi de récupérer les planches en fin de vie, pour les broyer et recréer du filament d’impression 3D. « 0 perte, 0 déchets ! »

Recherche de financements

« La subvention du Rotary (2 000 €) nous a permis d’imprimer le prototype de notre première planche, en maïs, annonce fièrement Thibaut. C’est la même matrice qui sera utilisée pour nos planches en algues vertes. »

La prochaine étape : décrocher une subvention auprès de la Région Bretagne pour la conception de leur matériau et l’achat d’une imprimante 3D gros volume, dont le coût est d’environ 17 000 euros.

Une campagne de financement participatif sera également lancée par les deux entrepreneurs.

« Nous avons besoin d’être autonomes pour assurer notre équilibre financier et pouvoir développer par la suite plusieurs modèles : planches pour débutants, longboards, et pourquoi pas paddles, planches à voile, etc. ».

En attendant cette envolée, la première planche en maïs sera prochainement testée et approuvée par les utilisateurs avant de lancer la fabrication de celle en algues vertes qui sera commercialisée « autour de 900 euros » annoncent les entrepreneurs, un tarif qui s’aligne au prix du marché.

Et Douarnenez dans tout ça ?

Après un début de carrière à Rennes pour Thibaut, différentes expériences professionnelles et un voyage au long cours pour Jérémy, le retour au pays est un choix délibéré pour les deux associés.

« A Douarnenez, on a notre famille, nos amis d’enfance, l’océan, la nature, argumente Thibaut. On se rend tous compte qu’on est pas trop mal ici, l’ambiance de la ville est agréable, fraternelle. Les gens sont ouverts d’esprit. Et quand ça fait la fête, ça fait la fête ! L’été est fantastique, avec tous ses festivals ! » Jérémy acquiesce avant de conclure : « Et puis, on veut lutter
contre cette vieille croyance qu’à Douarnenez il ne se passe rien. On veut prouver qu’il y a un nouvel élan, auquel on entend participer. »

En savoir +
FL3D
www.fl3d.design
Tél. 06 59 19 59 82
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L’épicerie locale

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Le 1er avril 2020, en plein confinement, Céline Bigot ouvre son épicerie. Son projet, elle le peaufine depuis deux ans et sa motivation est intacte.

60 producteurs, engagés comme elle dans une démarche de circuit court, approvisionnent sa boutique. Près de 500 produits locaux, bio et responsables sont référencés. Les clients sont au rendez-vous et les commandes abondent.

« Le prix Coup de pouce du jury du Rotary, 1 500 euros, m’a permis d’investir dans un congélateur. Je peux désormais proposer des glaces et de la viande en toute saison ».

En savoir +

L’épicerie locale
14 rue Duguay-Trouin.
Site : epicerie-locale.fr (boutique en ligne)
Tél. O6 67 95 72 79

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La Muse du meunier

 boulangerie

Après 9 mois de formation en alternance, Stéphanie Moalic s’est sentie prête à quitter sa profession d’aide-soignante pour reprendre la boulangerie de Pouldavid.

« Au départ, l’idée était d’ouvrir un fournil à la ferme. Stéphane, mon mari est meunier et agriculteur à Saint-They sur la commune de Poullan. Il cultive des céréales et produit des farines bio sur l’exploitation familiale ». Mais le projet a finalement évolué vers une reprise d’entreprise.

 

Recréer  du travail sur le territoire, développer la gamme de produits bio et valoriser le circuit court, du moulin à la boulangerie : la reconversion de Stéphanie a séduit le jury du Rotary. Elle se voit attribuer le prix Fondation Rotary et obtient un pack informatique. La Muse du meunier a ouvert le 10 novembre 2020.

En savoir +
La Muse du meunier
10, rue de La République.
Tél. 02 98 51 34 32
Page Facebook

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Le Fumoir de l’Enfer

c maguet

Depuis son ouverture le 13 décembre 2019, le fumoir de Christophe Maguet connaît un joli succès. Le fumage à froid (23°) des poissons et viandes, issus de producteurs locaux, est la base de ses recettes personnelles nées de ses nombreux voyages.

Les créations de Christophe ont des saveurs originales qui se révèlent grâce aux 12 différentes essences de bois utilisées.

L’entreprise s’est agrandie en juillet 2020 avec le Comptoir de l’Enfer, une épicerie fine jouxtant le restaurant.

Grâce au Rotary, Christophe a pu équiper sa boutique d’un nouveau frigo : « L’ancien était devenu trop petit. Le prix Coup de pouce du jury s’est élevé à 1 500 euros, la moitié du prix de mon achat. Tout seul, j’étais face à une trop grosse dépense.»

En savoir +
Le fumoir de l’Enfer
24 Quai du Port-Rhu.
Site : le-fumoir-de-l-enfer.com (boutique en ligne)
Tél. 06 70 24 87 87