Historique de la ville de Douarnenez

 

Les multiples fouilles archéologiques entreprises ces dernières décennies, ont permis de relever de nombreuses traces d’occupation humaine précoce du territoire de Douarnenez. En particulier, une occupation romaine dont les traces artisanales et commerciales sont encore visibles localement : usines à garum et salaisons des Plomarc’h. Le port s’inscrit aussi très tôt dans un territoire plus vaste, qui est celui de la paroisse de Ploaré.

Très tôt également (au XIIe siècle), la parcelle de Douarnenez dépend très largement du prieuré de l’île Tristan, ce qui lui vaut certainement son nom, Douar an Enez, la Terre de l’Île.

Aux XVe et XVIIe siècles, la parcelle de Douarnenez ne sera pas épargnée par les soubresauts qui agitent la Cornouaille et, plus largement la Province, qu’il s’agisse des guerres de la Ligue - au cours desquelles s’illustre de manière particulièrement cruelle Guy Eder de La Fontenelle - ou de la Révolte des Bonnets Rouges en 1675.

11 465 habitants en 1896

 Mais l’histoire de Douarnenez, en tant qu’entité indépendante et, dans le même temps, que commune à part entière, ne débute véritablement qu'en 1790, lorsque la parcelle constituée par le port, est distraite de la paroisse de Ploaré. Paroisse de laquelle ressortissaient également les trèves (*) de Gourlizon (rattachée à Plonéis en 1792-1793, érigée en commune par la loi du 31 mars 1892), et du Juch (érigée en commune par la loi du 5 avril 1899).

Cet affranchissement laïc ne se doublera d’une émancipation religieuse qu’en 1875, année au cours de laquelle Douarnenez est érigée en paroisse. L’église du Sacré-Cœur est alors construite, remplaçant la chapelle Sainte-Hélène, devenue depuis bien longtemps trop petite pour accueillir la masse des fidèles.

Les activités usinières liées à la pêche de la sardine, vont assurer un développement extrêmement rapide à la cité qui, de 1 473 habitants en 1793, passe à 11 465 habitants en 1896.

 Industrieuse et populaire, Douarnenez devient, en 1921, avec l’élection de Sébastien Velly, la première municipalité communiste de France. C’est également de ce terreau ouvrier que naîtra, en 1924, l’une des grèves les plus rudes, celle des sardinières, qui mettra en avant des revendications autant salariales que féministes et trouvera un véritable retentissement sur le plan national.

Le Grand Douarnenez

Mais Douarnenez est à l’étroit dans ses limites. Alors que le Grand Brest naît par ordonnance du 27 avril 1945, Douarnenez lui emboîte le pas. L’arrêté préfectoral du 14 juin 1945 donne naissance au Grand Douarnenez, né de la fusion de cette commune avec celles de Ploaré, Tréboul et Pouldavid. Pour sa part, le Grand Quimper devra attendre 1960 pour voir le jour, tant les dissensions entre les communes qui le constituent aujourd’hui étaient fortes.

La création du Grand Douarnenez provoque, de fait, un doublement de la population qui atteint alors un pic de 20 764 habitants. A partir de cette date, la démographie décroît régulièrement.

En décembre 1993, la communauté de communes du Pays de Douarnenez voit le jour, regroupant Douarnenez, Poullan-sur-Mer, Pouldergat et le Juch. Ce faisant, des entités territoriales plus anciennes, existantes avant la Révolution, se reconstituent.

En effet, Tréboul, devenu quartier du Grand Douarnenez, était un démembrement de la commune de Poullan, dont elle fut séparée par la loi du 12 juillet 1880. Pouldavid, ancienne trève de Pouldergat, fut créée sur cette commune par la loi du 23 octobre 1919. Enfin Ploaré, rappelons-le, était la paroisse mère de Douarnenez et du Juch.

Enfin, en 1996, la commune de Kerlaz rejoint la communauté de communes. Kerlaz est la plus jeune des communes de cette entité territoriale puisqu’elle est créée sur la commune de Plonévez-Porzay par la loi du 5 janvier 1932.

(*) Trève : En Bretagne, église succursale dont la création a été rendue nécessaire par l'étendue trop importante de la paroisse dont elle ressort. Les tréviens étaient tenus d'assister aux fêtes carillonnées dans l'église paroissiale (Noël et Pâques en particulier). Tous les sacrements n'y étaient pas forcément délivrés, suivant en cela les droits attribués par l'évêque lors de cette création. De la même façon, les trèves ne disposaient pas toutes de terre consacrée pour inhumer leurs défunts, ce qui contraignait les familles à transporter les corps dans le cimetière paroissial, quel qu'en soit l'éloignement.