Préservons la biodiversité

 

La Ville de Douarnenez gère de nombreux et vastes espaces naturels : 9 km de sentier côtier, l’île Tristan, les Plomarc’h, le bois de Coataner. Un patrimoine d’une grande richesse écologique que les agents municipaux entretiennent avec soin.

Frédérique Castel, directrice du Service cadre de vie-environnement, résume la ligne de conduite en matière de gestion des espaces naturels : « Nous devons préserver au mieux la biodiversité, c’est-à-dire la variété des formes de vie végétales et animales, mais aussi permettre aux promeneurs de profiter de certains lieux. Nous n’intervenons que lorsque cela est nécessaire et de façon raisonnée. »

Laisser la nature s’exprimer

Seuls les espaces les plus fréquentés, comme le sentier côtier, les abords des chemins, sont défrichés régulièrement afin que l’accès reste possible et aisé.

Parfois aussi, les agents interviennent dans le but de créer des conditions favorables à la biodiversité, par exemple en éliminant une plante invasive ou en laissant un arbre mort qui pourra héberger des pics et autres oiseaux, ainsi que des insectes.

Dans le bois de Coataner, une prairie fleurie a été semée en lieu et place de l’ancienne aire de jeu et du terrain de pétanque (déplacés aux abords du complexe de tennis). Cette renaturalisation du site bénéficiera aux insectes pollinisateurs.
 
Dans certaines zones difficiles d’accès, l’écopâturage remplace la tonte mécanique. Les chèvres et moutons des Plomarc’h sont alors les précieux alliés des agents techniques. Cette méthode devrait s’étendre à de nouvelles parcelles, sur l’île Tristan mais également en ville.

animaux plomarch

En dehors de ces actions bien réfléchies, le principe est de laisser la nature s’exprimer. « Il faut laisser les herbes folles pour que les insectes y caracolent » poétise Antoine Lasbleiz, chef de l’équipe Espaces naturels. Autour des lavoirs et bassins, hormis un accès dégagé, la végétation est laissée à elle-même afin que les insectes d’eau comme les libellules et les batraciens s’y plaisent. Le nettoyage consiste en un simple coup de brosse sans aucun produit lavant pour ne pas perturber l’équilibre du milieu.

L’importante population de salamandres qui vit dans le bois de Coataner s’épanouit elle aussi dans des zones laissées à l’état naturel.

Île Tristan : une gestion concertée

Sur l’île Tristan, les actions sont définies en accord avec le Conservatoire du littoral, qui en est le propriétaire.

Un plan de gestion détaillé définit les modalités d’intervention ou de non-intervention. Ce bout de terre de 7 hectares compte 158 espèces végétales spontanées dont certaines sont protégées. Leur caractère insulaire les isole et favorise leur différence génétique avec le continent.

coccinelles

Ici aussi, les interventions des équipes techniques sont réduites au strict nécessaire (abattage raisonné, élagage en taille-douce) pour permettre au site de s’épanouir naturellement. Des tas de bois sont volontairement conservés, car ils forment un habitat propice à une espèce caractéristique de l’île Tristan : l’escargot de Quimper protégée au niveau national et européen.

Si l’île est ouverte aux promeneurs, ceux-ci sont invités à rester sur les chemins afin de ne pas abîmer l’environnement. Pour compenser les piétinements, les allées sont recouvertes de copeaux issus d’arbres morts broyés sur l’île et sont ainsi protégées et régénérées par un paillis végétal.

Le jardin exotique est le seul espace jardiné et ses espèces végétales rares sont préservées de la pétasite odorante, plante invasive. Au coeur de l’île, un verger conservatoire est en cours de création, avec pas moins de 80 porte-greffes mis en terre par les agents municipaux pour préserver et conserver des variétés anciennes et locales de fruits : en majorité des pommiers mais également quelques poiriers et cognassiers.

Ramener la nature en ville

En ville, le Service cadre de vie-environnement souhaite favoriser la biodiversité dans les jardins et ronds-points par la mise en oeuvre d’un « plan de gestion différenciée ». Cette méthode durable induit un traitement différent des espaces selon leur fréquentation, les tontes ne sont pas uniformes et systématiques. Pour le fleurissement, les variétés locales sont privilégiées ainsi que la flore spontanée.

L’objectif est de faire revenir une diversité de faune en ville, de voir les oiseaux réinvestir nos jardins.