Echanges européens dans le cadre d'Erasmus+

 

C'est la 3e année que le Port-musée participe aux échanges européens dans le cadre du programme Erasmus+ sur la thématique « préservation et valorisation du patrimoine maritime ». Ce programme, réservé aux professionnels (associations, entreprises...), a été élaboré par l'association « Aventure pluriel », située à Cagnes-sur-mer.

A la base, « La CaraMed », un concept de navigation groupée, qui réunit plusieurs associations de sauvegarde du patrimoine maritime de Méditerranée.

Le principe de la CaraMed est d'aller chaque année à la rencontre des associations qui œuvrent en ce sens, lors de rassemblements de bateaux comme la semaine du Golfe dans le Morbihan, la navigation sur le lac Léman, ou encore les fêtes maritimes de Brest et Douarnenez.

C'est l'occasion de s'ouvrir à d'autres cultures maritimes, de tisser des liens et de partager ses expériences.

Quatre structures bretonnes ont intégré le programme Erasmus+ dont le Port-musée et Phares et balises d'Audierne. Cette année, les représentants des associations participantes se sont retrouvées à Betina en Croatie, pour échanger sur deux thèmes : Quels sont les outils innovants dans les musées pour séduire un public jeune et le lien entre patrimoine local et tourisme. Pendant une semaine, les 25 personnes réunies ont pu échanger sur leurs fonctionnements mutuels et réfléchir aux projets futurs.

acteurs

Isabelle Ménard, animatrice au Port-musée a participé aux trois séminaires européens organisés par Aventure pluriel. Pour elle, ces déplacements sont d'une grande richesse : «On en revient chargé d'idées nouvelles, pas toujours transposables chez nous mais qui donnent à réfléchir et repenser certaines de nos pratiques. La patrimoine maritime n'est pas essentiellement composé des bateaux ! Il y a le savoir-faire des gréeurs, l'entretien des phares, les traditions... Je suis impressionnée par la créativité de certaines structures à petit budget et admirative des collaborations entre population et acteurs du patrimoine.

bateau

Chaque pays a son propre fonctionnement. En Espagne, le mécénat est très important car il n'y a pas d'argent public pour le patrimoine maritime ou autre, en Italie, le musée maritime de Cesenatico a mis 20 ans à sortir de terre après un gros travail de concertation avec la population. Un musée que j'ai vraiment découvert, avec une partie bateaux à flots et bateaux sous voiles à l'intérieur, comme chez nous. L'influence du Port-musée est évidente, nous restons une référence pour de nombreux musées en Europe ».

A Betina, en Croatie, le musée est un lieu dédié à la charpenterie locale et d'abord destiné aux habitants de l'île plus qu'aux touristes, il fait partie de leurs vies. « Ce musée, financé par les fonds européens, a vu le jour, il y a 4 ans. C'est l'aboutissement d'un travail de collectage de 20 ans ! », précise Isabelle Ménard.

musee maritime Betina

« Construit dans une ancienne maison de charpentier naval, le musée témoigne d'un passé spécifique à la Croatie. Ici, pas de bateaux de pêche mais des bateaux pour les paysans. Les terres cultivables étant disséminées sur les nombreuses îles alentours,il fallait un moyen de transports pour la marchandise. Le besoin d'affirmer une identité croate est omniprésent et tous jouent le jeu : La population locale, la commune, les associations. Pour assurer la relève, un projet d'école de charpente est en cours de réflexion avec une partie théorique enseignée sur le continent et la pratique sur l'île ».