SMUR de Douarnenez - Réponse du Directeur Général de l'ARS


Retrouvez ci-dessous la réponse de Monsieur de Cadeville, Directeur Général de l'ARS Bretagne, à François Cadic, Maire, et Philippe Paul, Sénateur du Finistère, du 15 novembre 2018.

Monsieur le Sénateur, Monsieur le Maire,

J'ai été destinataire de votre part d'un courrier évoquant votre inquiétude et celle de vos administrés sur la prise en charge urgente de la population du territoire de Douarnenez, notamment celle du Cap Sizun.

Comme j'ai déjà pu vous en informer précédemment et dans le contexte démographique défavorable en médecine d'urgence, au niveau régional comme au niveau national, j'ai dès ce printemps 2018, invité les établissements et les Groupes Hospitaliers de Territoire (GHT) bretons à élaborer de manière anticipée des organisations adaptées à la démographie pour les périodes de grande tension.

Celles-ci avaient vocation à être mises en oeuvre pendant la période estivale en cas de grande difficulté de ressource en médecins urgentistes. J'ai suivi le déploiement de ces adaptations organisationnelles de manière très rapprochée avec une conférence téléphonique régionale hebdomadaire en juillet et en août animée par la direction générale de l'ARS.

L'Union Hospitalière de Cornouaille (UHC) est particulièrement affectuée sur le plan de la démographie médicale des urgentistes avec la difficulté de Douarnenez à recruter ce type de praticiens et le départ de médecins du CHIC. Une organisation dégradée délocalisant les SMUR de Douarnenez et Concarneau de 21h à 8h tous les jours de la semaine sur les mois de juin, juillet et août, a été présentée avec le maintien de la possibilité de réaliser des transports inter hospitalier infirmier non médicalisés sur cette même période.

La couverture de la "zone blanche" du Cap Sizun a pu être réalisée par l'Hélicoptère du SMUR du CHU de Brest dont l'horaire a été étendu à titre expérimental sur la période estivale 24 heures sur 24. J'ai décidé, au vu des enseignements très positifs de cette expérimentation d'en pérenniser le dispositif à compter du premier novembre dernier.

La démographie médicale actuelle sur le site de Quimper ne permet pas encore de revenir à ce stade à un fonctionnement normal, ce que je déplore.

J'ai eu des contacts nourris avec les différentes directions des établissements disposant d'une structure d'urgences en Cornouaille à ce sujet, et ai réuni à Quimper les directeurs et les communautés médicales de l'UHC le 7 novembre 2018.

Nous avons pu, lors de cette réunion, rappeler le cadre du Projet Régional de Santé (PRS), adopté en juin dernier, qui confirme l'organisation actuelle des services mobiles d'urgence avec quatre SMUR sur le Finistère sud et les termes de mon courrier d'approbation du projet médical partagé du GHT incitant les établissements à s'engager dans l'organisation d'une équipe médicale de territoire.

Nous avons convenu, avec l'ensemble des membres des établissements de l'UHC autorisés en médecine d'urgence, de la nécessité de réfléchir à une organisation permettant de mieux répondre aux besoins de la population en termes de prises en charge des soins urgents.

J'ai donc demaindé au directeur du CHIC, détenteur de l'autorisation du SMUR de Douarnenez, de me déposer un dossier complet permettant de formaliser des engagements précis dans le cadre du renouvellement de cette autorisation.

Lors de notre dernière rencontre, il a été décidé de mener ces travaux dans le cadre du Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) médecine d'urgence du Finistère Sud de l'UHC, et nous avons acté de la nécessité d'un accompagnement par un expert extérieur.

En partant des besoins de santé de la population en soins urgents, et de l'activité actuellement constatée dans les différentes structures, il s'agira d'établir des propositions d'organisation médicale entre les différents établissements permettant de conforter l'offre actuelle. L'ARS est tout à fait disposée à accompagner financièrement cette démarche.

Je suis tout comme vous très attaché à l'accès aux soins urgents de la population du Finistère Sud comme de l'ensemble du territoire breton. Je serai très attentif à leur avancée et prévois dès maintenant un temps de rencontre début d'année prochaine avec ces établissements pour un premier point d'étape.

Je vous renouvelle mon assurance de poursuivre nos efforts communs pour que l'ensemble de la population bretonne ait accès à des soins urgents en moins de trente minutes et particulièrement ici pour vos concitoyens.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Sénateur, Monsieur le Maire, l'expression de ma haute considération.